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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 08:45

Ci-dessous, un petit article de Sud-Ouest.fr, rappelant en quelques chiffres, le nombre de décès par noyade constatés en 2012, en France.

http://www.sudouest.fr/2013/07/04/la-noyade-danger-de-l-ete-497-deces-enregistres-l-annee-derniere-1105858-739.php

La noyade, danger de l'été : 497 décès enregistrés la saison dernière

NOYADE

A la veille des départs en vacances, et avec le week-end ensoleillé prévu par Météo France, les instituts sanitaires Inpes et InVS rappellent les règles de prudence à adopter. 

L'année dernière, près de 500 décès par noyades accidentelles ont été enregistrés entre le 1er juin-30 septembre 2012. Selon l'enquête NOYADES 2012 de l'Institut de veille sanitaire (InVS), 1.238 noyades accidentelles ont été recensées provoquant 497 décès dont 28 parmi les moins de 6 ans, 47 de 6 à 19 ans et 145 chez les plus de 65 ans.

La plupart des accidents impliquant des enfants sont dus à un manque de surveillance, à un défaut du dispositif de sécurité ou encore à une chute.

Pour les adultes, ils se produisent principalement suite à un malaise, à une imprudence ou tout simplement parce qu'ils ne savent pas bien nager. En moyenne, tous âges confondus, un Français sur cinq ne sait pas nager (28% des femmes et 14% des hommes).

Pour que chacun profite au mieux des plaisirs aquatiques (mer, lac, rivière...), l'Inpes (prévention et éducation sanitaire) propose une brochure "Mode d'emploi de la baignade", téléchargeable sur son site.Des conseils pour les piscines sont également en ligne.

Pour la baignade des petits, la première règle reste de 'ne pas les quitter des yeux" : la surveillance doit être assurée par "un adulte qui en prend la responsabilité", conseille-t-on ainsi en rappelant qu' "un enfant peut se noyer sans bruit, en moins de trois minutes, dans vingt centimètres d'eau".

Il est conseillé d'équiper l'enfant de brassards (marquage CE et norme NF 13138-1) et de lui apprendre à nager le plus tôt possible : dès 4-5 ans, selon ses capacités, et, pour tous à partir de 6 ans.

Parmi d'autres conseils : choisir les zones de baignade surveillées, et plus généralement, éviter de se baigner si l'on n'est pas en forme (fatigue, problèmes de santé, frissons).

Enfin, il n'est pas superflu de se former aux gestes de premiers secours.

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 10:32

 

Le devenir du cadavre entre le début de son séjour dans l'eau et sa découverte va dépendre du laps de temps qui va s'écouler. Pendant cette période, de nombreux facteurs et agents vont intervenir pour retarder ou accélérer ce processus d'autolyse, notamment :

       

 La protection du corps par des vêtements, qui va par rapport à un baigneur en maillot de bain, retarder  la décomposition des tissus mous (tête, mains, face antérieure des membres inférieurs) et   leurs accès aux prédateurs terrestres et (ou) marins ;

■ La saison de l'année, en été les phénomènes sont plus rapides avec la chaleur ;

■ La nature du milieu hydrique (mer, marais, eau stagnante .... ) ;

■ L'exposition du cadavre aux insectes nécrophages ;

■ Les agressions extérieures telles que les hélices de bateaux, les écluses et autres.

 

De manière générale, la chronologie de la destruction d'un corps de l'état "frais" à l'état "squelettique" débute par un processur de dénaturation du corps, la putréfaction. Elle se caractérise par une décomposition des parties molles du cadavre sous l'influence des bactéries qui se trouvent déjà dans l'organisme, principalement celles de la flore intestinale.


Le premier signe de putréfaction est constitué par une décoloration cutanée verdâtre apparaissant généralement au niveau de la paroi abdominale (fosse iliaque droite) appelée « la tâche verte abdominale ». Cette transformation des tissus s'étend progressivement à tout l'abdomen, puis se généralise à l'ensemble du tronc, du cou, de la tête pour finir par les membres, pieds et mains. Dans le même temps, l'intense activité bactérienne intestinale va produire une quantité importante de gaz (méthane, hydrogène, dioxyde de carbone, sulfure d'hydrogène) qui va distendre l'abdomen de manière parfois impressionnante. Cette dilatation gazeuse est responsable de la remontée du corps à la surface ainsi que de l'apparition plus marquée du système veineux, appelée « circulation posthume ». Une odeur pestilentielle se dégage alors du cadavre, typique de la viande en décomposition.

 

Le phénomène de destruction des tissus organiques poursuit irrémédiablement son travail. Les parties du corps exposées à l'air prennent une couleur noirâtre, l'épiderme se décolle, les ongles tombent, les gaz de putréfaction disparaissent progressivement mais l'odeur de décomposition est à son point culminant.

Puis de manière beaucoup plus lente, le corps continue sa décomposition, il se dessèche, l'odeur nauséabonde s'atténue, les parties molles finissent par disparaître complètement jusqu'à la transformation terminale à l'état de squelette qui peut intervenir après plusieurs années.

 

Le milieu hydrique ou humide apporte des variantes dans le déroulement de la décomposition d'un corps par rapport au milieu terrestre. Certains de ces éléments, typique de ce milieu peuvent bouleverser totalement le fonctionnement classique de ce processus, nous pouvons citer :


La température de l'eau et de l'environnement extérieur ;

L'action prolongée de l'eau sur le corps (macération de la peau, adipocire … ) ;

L'action combinée de prédateurs aquatiques et terrestres qui peut être simultanée ou successif. Une victime flottant en surface peut être colonisée sur une partie de son corps par les insectes aériens et attaquée par des prédateurs aquatiques sur la face immergée ;

L'action combinée possible d'un séjour en immersion qui ralentit le processus de décomposition, 2 fois moins rapide que dans l'air suivit d'un séjour hors de l'eau (échouage) à partir duquel l'évolution de la putréfaction s'accélère pour rattraper le retard pris lors de l'immersion ;

Les effets du charriage sur le corps.


Ces différents événements peuvent notamment modifier la topographie du début de putréfaction, celle-ci n'étant plus localisée dans la région abdominale mais plutôt au niveau thoracique. Ce phénomène s'explique par la présence importante de bactéries dans la zone pulmonaire du noyé ainsi qu'au niveau de la tête dont la face prend un aspect bouffi, tuméfié, couleur bronze appelée « tête de nègre » qui rend le sujet méconnaissable.

 

Pour un corps ayant séjourné longuement dans l'eau, il peut s'en suivre un phénomène appelé « Adipocire ». L'action de l'eau ou l'influence d'un environnement humide, entraîne une transformation des corps gras sous-cutanés, en une substance savonneuse, cireuse blanche grisâtre qui enveloppe et préserve les tissus mous du processus de putréfaction. Le corps se retrouve alors figé comme une statue de cire, protégé de la décomposition.

En l'absence de ce phénomène, la dégradation du cadavre se poursuite par une disparition progressive des tissus mous puis par sa désarticulation. La perte progressive des parties du corps se produit dans l'ordre suivant :


Os des mains et des poignets ;

Os des pieds et des chevilles ;

Mandibules et crâne ;

Jambes, arrière-bras et avant-bras.


Ces phénomènes peuvent être également utilisés par les enquêteurs et médecins légistes pour tenter d'évaluer la durée d'immersion d'un corps dans l'eau.

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 09:05

Bon, me voilà de retour, désolé à mes centaines de milliers de lecteurs, mais le travail prime. Je n'ai pas eu beaucoup de temps à moi pour faire vivre le blog.

Pour redémarrer, je vous propose deux articles sur le devenir d'un corps das l'eau. Bonne lecture.


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A la différence du milieu terrestre, le milieu liquide est mouvant, le cadavre immergé peut être soumis, en fonction de l'endroit où il séjourne, à des déplacements plus ou moins importants (torrent rapide, courant, tempête en mer …. ), à un séjour sous l'eau et dans l'eau plus ou moins prolongé (lestage, corps bloqué par des branches, nature de l'eau salée ou non, hiver ou été …. ) subir des traumatismes post-mortem que l'on appelle lésions de charriage qui sont dus aux obstacles rencontrés pendant le déplacement du cadavre au fil de l'eau. Les corps immergés ont très souvent une existence post-mortem très agitée.

 

Tout d'abord, il est important de prendre en considération que le lieu d'émersion, ou de réapparition du corps, n'est pas en soit le lieu de précipitation. Très souvent le cadavre a dérivé et le lieu de découverte, sans le négliger, n'amène que peu, voire aucun élément à l'enquête. C'est pourquoi, l'enquêteur se doit d'observer le milieu environnemental entourant le cadavre et se poser une série de question pouvant l'orienter sur l'explication de la présence du corps à cet endroit précis. Il y a t-il du courant ? Quel est son sens ? Sa profondeur ? Le cours d'eau, les rives sont t-elles facilement accessibles ? Il y a t-il un ou des points de précipitation proches (pont, falaise, barrage… ) ? Il y a t-il de la navigation ? …...

 

Le cadavre dans l'eau est soumis à deux principaux types de déplacements (vertical et horizontal) que l'on peut décrire en 3 étapes :

1°) - Lorsque la personne décède, elle coule progressivement au fond de l'eau car la densité d'un corps mort (poumons vides d'air) est très légèrement supérieure à celle de l'eau. En même temps, le cadavre peut subir un déplacement sur une distance d'une grande variabilité selon le milieu de submersion (courants, navigations, crue ...).

2°) - Lorsque le corps a atteint la région du fond, où les eaux sont moins agitées et les courants peu importants ou inexistants, il s'immobilise quelques temps avant de remonter à la surface.

3°) - Sous l'impulsion de la putréfaction qui provoque la formation de gaz et donne au corps un poids spécifique qui le fait flotter, le cadavre remonte alors progressivement à la surface et se retrouve entraîné de nouveau par le courant. Dans l'eau de mer dont la densité en sel est importante, le corps remonte rapidement entre 3 et 7 jours par rapport à l'eau douce entre 20 jours à 1 mois en moyenne.

Livré au fil de l'eau et des courants, le corps de la victime finit par s'échouer sur une plage, sur une berge, est stoppé par des branchages ou repêché par des pêcheurs ou promeneurs.

 

Mais tout cela reste une base de travail, une moyenne car de nombreuses variables peuvent venir contrarier le déroulement de ces 3 étapes et la remontée du corps, comme :

■ Une topographie accidentée du cours d'eau ;

■ L'influence de la température ;

■ Les tempêtes, les courants, les crues ;

■ Le lestage du noyé (pierres dans les poches, parpaings aux pieds …) qui doit tout même être suffisamment important pour garder prisonnier le cadavre au fond de l'eau ;

■ Un obstacle aquatique qui bloque à tout jamais le noyé qui ne réapparaîtra peut-être jamais.

 

 

La flottaison du corps et son parcourt plus ou moins accidenté sur l'eau et sous l'eau peuvent avoir occasionnés sur le cadavre diverses agressions, appelées lésions de charriage. Ces traumatismes peuvent être mineurs, dus à des frottements, à des chocs contre des pierres, rochers, graviers au fond de l'eau ou au rognage d'animaux marins et terrestres lorsque le corps est échoué. Ces lésions peuvent être aussi majeures comme des plaies ou amputations à la suite d'une rencontre avec une hélice de bateau, le passage tumultueux d'une écluse ou bien occasionnées par l'action de repêchage de pêcheurs. Cependant sur les lieux, il est possible de les confondre avec des lésions ante-mortem. L'eau agitée a pu également déshabiller partiellement ou complètement la victime, ses vêtements peuvent être par endroit râpés ou arrachés. 

 

Il convient de signaler que généralement sans que cela ne soit une constante, le noyé masculin et féminin du fait de leurs morphologies différentes et de la répartition de la masse graisseuse, ont une position dans l'eau différente et de ce fait les lésions de charriage n'ont pas la même topographie. 

 

 

Le noyé masculin chemine sous l'eau en position ventrale, fortement fléchie. Les lésions par frottement au fond de l'eau sur le corps et (ou) les vêtements prédominent donc aux pieds aux genoux, aux mains et à la tête (parfois le crâne est entièrement dénudé).

HOMME-NOYADE.png

 

 

Le noyé féminin chemine courbé en position décubitus dorsal (sur le dos). Les lésions sur le corps et (ou) les vêtements sont principalement situées aux mains, aux talons, aux fesses ainsi qu'à l'arrière de la tête.

FEMME-NOYADE.png

 

 

  La suite de cet article, dans le milieu de la semaine .....

 

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 09:06

 

Dans mes deux précédents articles, j'ai voulu vous montrer qu'il est possible de différencier la noyade asphyxique, de la noyade syncopale, on peut également distinguer la submersion en eau douce, de la submersion en eau de mer. En effet, selon la salinité de l'eau, l'organisme ne répond pas de la même façon (phénomène de l'osmose) même si dans les deux cas, les conséquences sont identiques et entraîne une asphyxie du sujet

De même, le milieu hydrique influence le devenir du corps différemment du milieu terrestre. Les cadavres, dans l'eau, peuvent avoir « une vie » post mortem agitée et traumatisante, ils se déplacent au fil des courants, sont compressés dans des écluses, amputés par une hélice. Tous ces éléments sont de nature à influencer l'évolution cadavériques du noyé.

 

LE PHENOMENE DE L'OSMOSE

 

 

Avant de distinguer les différences de comportements de l'organisme lorsque celui-ci entre en contact avec de l'eau douce ou de l'eau de mer, il est important d'en expliquer le phénomène général, qui est guidé par le principe de l'osmose.

 

Tout d'abord, que la noyade se produise dans de l'eau plus ou moins salée, en rivière, en mer ou dans de l'eau provenant du robinet, l'intrusion de l'eau dans les poumons aura toujours pour conséquence une destruction plus ou moins rapide des alvéoles pulmonaires et provoquera une détresse respiratoire, un œdème pulmonaire suivit d'une mort par asphyxie. Mais c'est post-mortem qu'il est théoriquement possible de remarquer les désordres causés par l'inondation pulmonaire selon le milieu hydrique où elle s'est déroulée.

 

L'osmose est un principe selon lequel une solution moins concentrée en sel, séparée d'une solution plus concentrée par une membrane semi-perméable, traversera celle-ci pour diluer la solution la plus concentrée jusqu'à l'équilibre des concentrations.

Pour simplifier, dans le cadre d'un être humain, le sang est l'un des liquides, les alvéoles pulmonaires qui je le rappelle permettent les échanges gazeux entre l'air et le sang sont autant de membranes semi-perméables, et l'eau extérieure (mer ou douce) est l'autre liquide.


Milieu

Eau douce

Sang (plasma)

Eau de mer

Concentration en sel

0 g./l

9g./l

Environ 33g./l

 

Comme nous pouvons l'observer sur le tableau, le sang, plus précisément le plasma* est plus concentré en sel que l'eau douce mais nettement moins que l'eau de mer. On dit alors que l'eau douce est hypotonique** et que l'eau salée est hypertonique***.


* PLASMA : Partie liquide du sang, de couleur jaunâtre clair. C'est une solution qui constitue à peu près 45% du volume sanguin où baignent les globules rouges et blancs. Particulièrement riche en hormones et en substances nutritives telles que les sels minéraux, les acides aminés et les vitamines. – définition vulgaris-médical.com

** HYPOTONIQUESe dit d'un liquide ou d'une solution dont la concentration moléculaire est plus faible que celle du milieu de référence (notamment le plasma sanguin) – définition médiadico.com

*** HYPERTONIQUE Se dit d'un liquide, d'une solution ou d'un milieu organique, dont la concentration moléculaire est plus importante que celle d'un autre liquide ou d'un autre milieu en présence duquel ils se trouvent (notamment le plasma sanguin) - définition médiadico.com


En conséquence, l'eau douce étant moins concentrée en sel que le sang, elle va traverser, selon le principe de l'osmose, la membrane alvéolaire pour se diluer avec le sang (plasma). Le passage de l'eau douce dans le sang veineux est appelé hémodilution, il est caractérisé notamment par une augmentation de la masse sanguine qui peut doubler en quelques minutes.


OSMOSE.png

 

L'eau de mer étant plus concentrée en sel que le sang, le phénomène opposé se produit. Toujours selon le principe de l'osmose, la partie eau du sang (plasma) traverse la paroi alvéolaire pour se mélanger à l'eau de mer présente dans les poumons. Il s'en suit une forme de noyade interne ayant pour conséquence une diminution du volume sanguin appelé hémoconcentration et un œdème aigu du poumon. Le sang présent dans le système veineux est plus concentré, moins fluide du fait de l'osmose et de la perte de la la partie eau du sang (plasma).


OSMOSE 2


La noyade en piscine se rapproche de la noyade en eau douce mais l'œdème pulmonaire est aggravé par la présence du chlore et des produits de désinfection.

 

Des chercheurs comme Arnold Paltauf (médecin autrichien, fondateur de l'institut de médecine légale de Prague, publia de nombreux articles et travaux notamment sur la noyade et la toxicologie) ont essayé de mettre en place diverses techniques pour diagnostiquer la submersion vitale à partir des modifications du sang engendrées par le principe de l'osmose, de l'hémoconcentration et de l'hémodilution. Ces techniques sont basées sur des mesures comparatives de la densité du sang cœur droit / cœur gauche. Ces méthodes semblent très peu utilisées, voir abandonnées et sujettes à controverses. De plus, elles ne sont utilisables que sur un cadavre très récent.

 

En revanche, nous verrons dans la deuxième grande partie de ce mémoire que le principe de l'osmose présente un intérêt, dans la recherche de différents marqueurs présents dans l'eau qui peuvent être une aide supplémentaire au diagnostic de la submersion.

 

 

 

 

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 18:45

 Tout d'abord, l'étymologie du mot « noyer » viendrait de necare, « tuer, faire périr »,verbe qui prit en latin le sens de « faire mourir dans l'eau ». Dans les temps anciens, ce terme avait une signification de mise à mort, d'exécution.

 

Il existe dans la littérature une différence entre les termes noyé et noyade. En effet le Grand Dictionnaire Universel du XIXème siècle donne les définitions suivantes :

Noyé : « Participe passé du verbe noyer. Suffoqué, asphyxié par immersion dans un liquide ».

La noyade est quant à elle présentée comme une action collective. Noyade : « Action de noyer quelqu'un ; se dit surtout lorsqu'on noie plusieurs personnes à la fois ».

 

De nos jours, les mots noyade et submersion sont devenus des termes génériques pour décrire la mort survenue en milieu liquide sans distinction des circonstances du décès, volontaires ou non. Le terme immersion va quant à lui être plus particulièrement employé pour la mise à l'eau d'un cadavre. 

 

Mots clés : Etymologie ; noyé ; noyade ; submersion ; immersion

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 11:31

Mon tout premier article est en quelque sorte l'introduction de mon mémoire.

 

INTRODUCTION

 

Même si l'eau constitue le berceau des premières formes de vie il y a 600 millions d'années l'évolution de l'homme l'a conduit à s'en écarter. Le milieu aquatique demeure vital pour l'humanité, mais constitue un danger permanent.


Le terme noyade peut se définir comme « une asphyxie due à une immersion dans l'eau » et au sens strict est suivie d'un décès. Le public identifie généralement cette mort à la mer, rivière ou piscine mais toutes les eaux peuvent tuer, à commencer par celles présentes dans l'environnement domestique, baignoire, puits, abreuvoir pour le bétail … , sans oublier tous les liquides qui nous entourent au quotidien, à notre domicile ou sur notre lieu de travail.


Événement dramatique en soi, la noyade est très fréquente. Elle apparaît comme un risque propre à l'enfance, victime toute désignée de ce genre de traumatisme. En 2009, les enfants de moins de 6 ans étaient impliqués dans 14% des noyades (191 victimes), alors qu'ils ne représentent que 8% de la population française. Un rapport européen de 2008 (European report on child injury prévention), indique que la noyade serait la principale cause de mort violente chez les enfants de 1 à 4 ans et la deuxième cause de décès après les accidents de la route pour les enfants et les adolescents de 0 à 19 ans en Europe. En France, une étude épidémiologique (Institut de veille sanitaire) menée sur la période du 1er Juin 2009 au 30 Septembre 2009 recense 1652 noyades dont 669 suivies d'un décès. Cette étude distingue 3 types d'accident :

    • Les noyades accidentelles avec 462 décès (69% de l'ensemble des victimes) ;

    • Les noyades intentionnelles avec 169 décès (suicide ou agression, 25%) ;

    • Les noyades d'origine inconnues avec 38 décès (6%).

Ce document constate que les noyades accidentelles sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes (365 décès contre 97) et que tous les âges sont concernés mais avec une prédominance pour les enfants de moins de 6 ans et les adultes de plus de 45 ans.

Les noyades intentionnelles touchent aussi bien les deux sexes (79 hommes et 88 femmes). L'enquête indique également que la mer reste le lieu le plus propice à ce type de traumatisme avec 57,2% des noyades puis vient ensuite les cours et plan d'eau avec 21,6% et enfin les piscines 17,5%.

 

La découverte d'un corps dans l'eau ne signifie pas systématiquement qu'il s'agit d'une noyade accidentelle ou d'un suicide, même s'il s'agît des causes les plus fréquemment rencontrées. L'hypothèse criminelle d'une submersion forcée ou d'une tentative de dissimulation de cadavre ne doit jamais être exclue d'emblée. Un corps découvert immergé ou échoué sur une berge ou une plage doit toujours, en l'absence de témoin oculaire, être l'objet de la plus grande suspicion.


L'actualité judiciaire passée ou actuelle est riche d'affaires criminelles souvent médiatiques ou l'eau est l'élément principal ou perturbateur de la mort. Nous pouvons par exemple évoquer l'affaire Robert BOULIN, Ministre du travail du Président Giscard d'Estaing, retrouvé mort le 30 octobre 1979 dans des circonstances étranges dans un étang ou bien Grégory VILLEMIN découvert ligoté le 16 octobre 1984 dans la rivière de La Vologne. Ces deux affaires, connues de tous et revenant régulièrement sur le devant de la scène médiatico-judiciaire sont révélatrices de la complexité de l'interprétation de la mort par submersion et démontrent toute l'importance de procéder avec rigueur à des investigations médico-légales complètes et méthodiques.

Tout proche de nous, nous pouvons également parler du meurtre de la jeune Laëtitia PERRAIS retrouvée démembrée dans un étang à Lavau-Sur-Loire (44), ou bien Patricia BOUCHON, la joggeuse de Bouloc (31), découverte soigneusement dissimulée dans un conduit d'égout partiellement immergé. Dans ces deux cas, l'eau n'est plus « l'arme du crime », mais l'élément dissimulateur, perturbateur utilisé par les criminels pour cacher ou effacer toutes traces de leurs actions.


Les dégradations provoquées par l'immersion prolongée d'un corps dans un fluide perturbent le diagnostic d'interprétation médico-légal, notamment en terme d'identification et d'estimation du délai post-mortem ou d'immersion. La victime était-elle vivante au moment de la submersion ? Les blessures présentes sur le sujet sont-elles ante-mortem (Avant la mort) ou post-mortem (Après la mort) ? Depuis combien de temps la victime séjourne dans l'eau ? Qui est-elle ? Est-elle morte d'une vrai noyade ou d'une hydrocution ? …..

Voilà autant de questions que le médecin légiste, le Parquet, et bien évidemment les enquêteurs vont se poser dès le début de l'enquête.


Il existe des signes anatomiques de la noyade visibles sur le cadavre « frais », comme la cyanose de la face, qui est un indicateur d'une asphyxie aiguë. Mais en l'absence de témoins, leurs prises en compte permettent éventuellement d'évoquer une noyade vitale mais en aucun cas de l'affirmer (ex : Victime étouffée puis précipitée dans l'eau pour dissimuler le corps). Dans le cas du cadavre putréfié, ces signes sont totalement absents. Il est donc nécessaire, voir obligatoire de pratiquer une autopsie pour à la fois exclure d'autres causes de décès que celle de la noyade vraie et pratiquer des prélèvements qui eux sont susceptibles d'en apporter la preuve.


Le diagnostic de la noyade vitale est très souvent problématique pour les médecins légistes. Il peut être néanmoins mis en évidence par un faisceau d'arguments cliniques, d'examens complémentaires, tels que les diatomées et les données de l'enquête. Jusqu'à la connaissance de l'ensemble de ces résultats, il convient de rester prudent sur les circonstances et les causes du décès.

 

Après cette mise en bouche, mes prochains articles porteront sur les noyés et les noyades dans l'histoire ....

 

        Mots clés : Noyade ; diagnostic ; médico-légal ; cadavre

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  • : NOYADE - CRIMINALISTIQUE & PREVENTION
  • : Dans le cadre d'un Master en criminalistique, j'ai rédigé un mémoire sur le thème de la noyade et de son diagnostic médico-légal. Ce petit blog sans prétention et une manière pour moi de vous faire partager mon travail dans ce domaine, afin qu'il puisse continuer à vivre et exister à l'issue de la soutenance.
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